dimanche 21 septembre 2008

La peur d’autrui détruit…


Je panique comme un animal qui a peur de son ombre.
Alors, il me faut me battre contre un ennemi intérieur, invisible, tapi en soi-même…

lundi 16 juin 2008

imagination



« Par l’imagination nous abandonnons le cours ordinaire des choses. Percevoir et imaginer sont aussi antithétiques que présence et absence. Imaginer c’est s’absenter, c’est s’élancer vers une vie nouvelle. »
Gaston Bachelard, L’air et les songes, Essai sur l’imagination du mouvement

« être au-dessus de chaque chose comme son propre ciel, son toit arrondi, sa cloche d’azur et son éternelle quiétude»
Nietzsche, Zarathoustra, tome I

sans titre


« Les nerfs de l’artiste, sa sensibilité, sa nature même se chargent de l’importante affaire de création. »
Odilon Redon, À soi-même, journal 1867-1915, note sur la vie, l’art et les artistes



vendredi 23 mai 2008

« Encore un instant de Bonheur », poèmes de Henri de Montherlant



« Encore un instant de Bonheur », poèmes de Henri de Montherlant
Extraits du Chants du cavalier,

« Sa queue est un jet d’eau que traverse la lumière »
« Sa croupe est bombée et lisse comme le jabot de l’oiseau »
« O réjouie de jeux ! chevale rose ! ma rose ! »
« Toujours souffrant de quelque chose, toujours tremblant de quelque chose, »
« Ayant peur d’une pierre, peur d’une feuille, peur de l’odeur des chameaux. »

dimanche 4 mai 2008

MEDUSE Vampyro crossota childressi



Méduse noire, Vampyro crossota childressi ; 1,5 cm.
Comme un trou noir dans l’espace, cette méduse engloutit toute la lumière qui l’atteint. Il faut longuement l’observer pour distinguer qu’elle n’est pas uniquement faite de gélatine translucide mais possède également une ombrelle d’un noir velouté et profond. Cette créature est parvenu au degré ultime de perfectionnement dans l’art du camouflage.
Ce travail est la suite de la recherche sur le "ça, les abysses et l'abîme"...

LE ÇA, LES ABYSSES ET L’ABIMES




Un nouveau projet en attente :
Quelques idées prises dans le dictionnaire : « l’Abîme, un vide sans mesure idée de mystère insondable, d'inconnaissable. » « Tu n'iras pas plus loin. » « abymes, noirs séjours où la mort entasse ses victimes » « puits de la chute infinie »
Ce projet se construit autour de l’allusion au « ça » freudien : le « ça », qui selon la définition qu’en donne Freud, est l’un des lieux de l’appareil psychique, une base primitive et inconsciente de la psyché, dominée par les impulsions primaires.
Mon travail de photos et de sculptures commence par des allusions à des formes issues du monde des abysses pour évoquer des sensations internes, comme, par exemple, l’angoisse.
Un autre travail, sur une série de corsets, qui opèrent une coupure dans le corps, évoque la méduse noire et cette part mystérieuse du psychisme.

Hapax, "Une seule fois"





HAPAX, subst. masc.
En linguistique, Hapax signifie une forme dont on n'a pu relever qu'un exemple.
Métaphoriquement : Toute vraie occasion est un hapax, c'est-à-dire qu'elle ne comporte ni précédent, ni réédition, ni avant-goût ni arrière-goût; elle ne s'annonce pas par des signes précurseurs et ne connaît pas de « seconde fois » (Jankélévitch, Je-ne-sais-quoi, 1957).

Le travail commence avec un cheval ; une métaphore équine ; voici les premiers dessins et les mesures d’Hapax.
Qui n’a jamais eu d’hapax dans son existence ne peut avoir l’idée de l’effet et des contrecoups de cet évènement.

jeudi 24 avril 2008

Le mors éveillé


D’après Les Ruses de l’Intelligence ; La Mètis des grecs de Detienne et Vernant.

« Seigneur du cheval, Poséidon, à son gré, discipline la fougue de ses chevaux ou libère la violence de sa créature. »
Pour dompter Pégase, Pallas offrit un mors à Bellérophon : « Tu dors, prince, fils d’Éole, ; viens, prends cet instrument qui saura charmer ton cheval, et va le présenter à ton père, le Dompteur de chevaux ».
Alors plein de feu le guerrier Bellérophon saisit le cheval qui galope dans le ciel et lui plaça dans la bouche l’instrument qui allait rendre sa monture docile.

La robe de l'hippocampe




Pour Christina,

Cette série de photographies donne la vision d’un érotisme surgissant de l’inconscient, d’une réalité fantomatique d’un rêve.

« La belle abandonne ses cheveux à la brise liquide et salée (...) ses narines rosées se dilatent de plaisir en cette course aventureuse. Avec quelle arrogance ses beaux bras s'allongent et tendent les rênes, minces algues vertes, des deux hippocampes fougueux à la robe alezane claire! » Ch. Cros

FIGER L’INSTANT


Et si suspendre, c’était dompter ; dresser au sens d’apprivoiser ; comme on apprivoise des formes, ou une pratique artistique. D’ailleurs, c’est au cirque que l’on trouve de très belles suspensions : Certains exercices de suspensions par les mains, les pieds, les genoux, le ou les talons, le menton, le cou ou les dents procurent au spectateur une impression où se mêlent l'admiration et le sentiment de la beauté. Tout ceci ne s’obtient qu’après une somme d’efforts et de répétitions.
Peut-être la suspension est-elle symptomatique de l’idée d’une continuité, d’une survie, grâce à la place qu’on laisse à l’imagination.
De fait, arrêter le vol, suspendre l’histoire, figer l’instant où l’image donne la représentation de l'immortalité à l’instar de la Sibylle de Cumes suspendue dans sa boule pour l’éternité.

La Sibylle de Cumes. (Héraclite, Plutarque, Pausanias, Virgile) La légende dit qu’Apollon avait offert ce qu’elle désirait à la Sibylle en échange de son amour. Elle accepta le cadeau et demanda autant d’années de sa vie qu’un tas de poussière contenait de grains ; et il y avait mille grains ; malheureusement elle omis de demander la jeunesse perpétuelle, et ayant par la suite refusé son amour au dieu, il la laissa vieillir suspendue dans une ampoule de verre au plafond de sa cave, toute recroquevillée, et lorsque des enfants lui demandaient ce qu’elle désirait, elle disait simplement : « Je veux mourir ».

DRESSAGE D’UNE SCULPTURE


Techniquement, les volumes de mes sculptures s'agencent dans l’espace comme un réseau de fils ; le plein n’existe pas. Elles sont attachées à un fil de pêche transparent noué à leur extrémité, tendu sur une vingtaine de centimètres jusqu’à un autre anneau s’ajustant sur l’extrémité d’une canne à pêche. Ce système permet une suspension dans n’importe quel endroit. Ainsi, la canne à pêche se déploie à partir de ses cinquante centimètres, sur environ un mètre dix de long. Les anneaux fixés aux sculptures s’emboîtent parfaitement à son extrémité dotée d’un embout en métal prévu pour le fil de pêche d’origine. Sa couleur bleue métallique se fond avec le milieu naturel, comme il se doit pour ce genre d’outil rusé. Ce système donne l’illusion que les sculptures sont en état d’apesanteur, aériennes sur mes photographies.

LA SUSPENSION COMME MISE EN SOMMEIL


La mise en sommeil et l’idée de suspension ; la suspension dans mon travail de sculpture a peut-être des parentés avec un récit ; des temps de silences appuyés dans une histoire : Suspension de quelques secondes; marquer, observer une suspension, peut-on lire dans le dictionnaire. Ne dit-on pas aussi suspendre, interrompre quelque chose, laisser à l'état latent, exister en puissance. C’est sans doute cela qui me tourmente parfois ; suspendre pour interrompre momentanément d'une activité ou d'un processus, suspendre pour dissiper provisoirement un sentiment, un affect ; mais peut-être qu’alors, l’acte de rêver, ce temps en suspens, compense, et donne en même temps la possibilité aux désirs de se réaliser.

jeudi 17 avril 2008

Espace


« L’espace a toussé sur moi
et voilà que je ne suis plus
les cieux roulent des yeux
des yeux qui ne disent rien
et ne savent pas grand chose »
Henri Michaux, L’espace du dedans, Pages choisies (1927-1959), Paix dans les brisements (1959), Gallimard, Paris, 1966, p 363.

Pas le moins du monde, photographie, 122 X 76 cm, 2005


Le mot « fantasme » est un doublet de fantôme, de spectre, d’illusion, d’apparition, de fausse apparence, d’images hallucinatoires. C’est aussi une production de l'imaginaire, de rêverie, pour échapper à la réalité.

Pensées équines

Esquisses photographiques pour la Chevale


Mercredi 16 avril, séance photo. 
J'ai manqué mon cours d'obstacle à Orsay... 

mercredi 16 avril 2008

Accrochage






Exposition à Créteil du 15 mars au 12 avril 2008. :
Pour cette première exposition en solo, j’ai privilégié des expérimentations faites en Bretagne en décembre 2007 à partir de grandes sculptures membranes, une partie du travail fait en Asie en Thaïlande et au Cambodge de 2004 à 2007, et l’amorce d’une nouvelle recherche ; une cavale...

S'imprégner du lieu par le dessin





Se concentrer sur le trait est un moyen aussi de garder sa distance vis-à-vis des lieux.
Ensuite se préparer au travail d’installation de la sculpture dans le lieu.
Sur ce point, le problème qui survient souvent pour un acte artistique dans un contexte chargé est de garder de la distance dans la distance. À savoir, ne pas se laisser impressionner par les milliers de kilomètres qui me séparent de chez moi, de mon atelier parisien. Ne pas se laisser piéger non plus par une montée subite de spiritisme dans un lieu bouddhiste.
Il me faut garder la tête un travail qui s’inscrit dans le vivant, l’organique, l’humain.

Respirer est une vraie difficulté


Apparentées à l’anatomie humaine ou plus rarement animale, les sculptures peuvent rappeler un squelette humain, ou encore dans la mesure où la peau est inévitablement incorporée aux sous-vêtements, évoquer des organes dans le dépeçage. De tous les éléments du squelette, la cage thoracique et son axe, la colonne vertébrale, déterminent un élément de prédilection. Dans le squelette humain, les douze paires de côtes forment la cage thoracique fermée en avant par le sternum et protègent le cœur et les poumons. De la même manière, les rubans cousus sur un soutien-gorge font allusion aux poumons, et les coques ourlées entre elles évoquent le cœur. Aussi des liaisons s’établissent entre le dedans du corps humain et la première enveloppe le revêtant, comme dans cette sculpture, composée d’une douzaine de coques blanches cousues sur un axe, qui dessine un thorax.

Corps




Éros




Dos


Dos
L’idée de dos implique une certaine distance. On envisage par exemple des choses derrière soi, à distance.
Proposer un dos dans une œuvre pourrait signifier tous ces sens : tourner le dos à des faits, des problèmes, un passé ? Agir dans le dos de quelqu’un ? Commettre quelques manœuvres secrètes ? Dissimuler quelque chose ?
La sculpture de dos a été photographiée au Cambodge. 
La lumière vient éclaircir la partie centrale du lieu et la sculpture. 
Le minéral s’oppose au balancement imperceptible du textile ; Dans cet espace vide, la pierre et la sculpture sont toutes les deux des saillies. L’une souligne une érection, sorte de scalpel qui fend cet espace d’un coup de lame et l’autre s’étend horizontalement. Cette confrontation accentue l’écart qui existe entre ces deux présences, aux antipodes l’une de l’autre par leur forme et leur matière.

Hapax, sculpture en projet




La chevale, Encore un instant de bonheur, d'après MONTHERLANT, 2007